26 novembre 2008
Un roman féminin très intéressant
Je ne sais pas comment elle fait , Allison Pearson, Plon
"'Avant même d'être assez grande pour comprendre ce qu'être une femme
voulait dire, j'avais déjà compris que le monde des femmes était divisé
en deux : il y avait les mères convenables, qui se sacrifiaient à la
pâtisserie des tartes aux pommes, vigilantes et impeccables prêtresses
de la machine à laver et de l'essoreuse, et il y avait les autres. A
l'âge de trente-cinq ans, je sais exactement à quel groupe
j'appartiens, et je suppose que c'est pourquoi, en ce petit matin du 13
décembre, je suis en train de frapper des tartelettes aux fruits
confits avec un rouleau à pâtisserie pour les faire ressembler à celles
que faisait ma mère. Avant, les femmes avaient le temps de faire des
tartelettes et étaient obligées de simuler leurs orgasmes. Aujourd'hui,
nous réussissons les orgasmes mais nous sommes obligées de simuler les
tartelettes. Et on appelle ça le progrès. "
Petit intermède avec un roman "facile", qui se lit d'une traite, que j'ai beaucoup apprécié, sur le thème très actuel de la difficulté pour une femme de concilier une brillante carrière, une vie de famille et un peu de temps pour elle, sans sombrer dans la folie, l'hystérie, la déprime ou l'épuisement (non, je n'exagère pas).
Kate, l'héroine, a un poste à responsabilité dans la finance, qui exige tout d'elle, 24H sur 24 , 7 jours sur 7, et l'envoie à l'autre bout du monde faire les yeux doux à un client en deux temps trois mouvements. Exaltante carrière, mais difficile à gérer quand on a aussi deux petits bouts et un mari, qui réclament de l'attention constante. Traité comme une sorte de "journal de Bridget Jones", le roman est trépidant, amusant, bien écrit mais surtout affolant. Bien sûr, toutes les mères n'ont pas CE job dans CETTE entreprise de cinglés, mais certaines réflexions sont interpellantes. Pour preuve, le livre s'est ouvert tout seul, à une page qui a sans doute fortement marqué les précédentes lectrices (je l'ai emprunté à la bibliothèque où je travaille), et qui traite du désarroi de Kate devant ce spectacle qu'elle trouve en rentrant épuisée chez elle : ses deux enfants faisant des câlins à leur nounou devant un dessin animé. Un moment de tendresse qui lui a été volé. Elle paye pour cela, pour qu'une autre donne et reçoive l'amour de ses enfants.
Il y a des passages dans ce livre où toute femme a envie de crier "oui ! c'est vrai !", même sans enfants, même sans carrière éreintante. Ce thème nous touche, il est aisé de se glisser dans la peau de Kate et de se poser les mêmes questions qu'elle. Un très bon roman pour passer un excellent moment de lecture : divertissant ET interpellant.
10 novembre 2008
Où en suis-je ?
Où vais-je ? Que n'ai-je ? etc.
Résumé de la situation intitulée "où en sont mes lectures, tous ces bouquins que je ramène en masse, qu'est-ce que je lis donc?"
Or donc, j'ai en cours de lecture trois livres :
* Lignes de faille, dont j'ai lu la première partie mais, comment dire, bof .... (j'ai honte, au vu des avis élogieux)
* Les mangeurs de rêves, une centaine de pages mi palpitantes mi ennuyeuses (oui ,c'est possible), donc re-bof
* Comment te dire adieu? est dans mon sac à main, là tout va bien, j'adore.
La suite de mes aventures, bientôt !
PS : J'ai craqué pour un livre qui paraît absolument génialissime, fantastique, drôle, bizarre, esthétique, travaillé, déjanté, etc, bref une folie de 26 euros (arf), j'ai nommé :
Interlude
Les inséparables, Marie Nimier, Gallimard, 2008
"J’aimais la voix traînante de Léa, ses cheveux roux, son incroyable
vitalité. Nous nous comblions, est-ce qu’on peut dire cela ? Se
combler, comme deux pièces de puzzle qui s’ajusteraient parfaitement,
mais ne viendraient pas de la même boîte. Que nous est-il arrivé ? Où
sont passées les deux amies perchées sur le tabouret du photomaton, les
petites filles amoureuses, les adolescentes en colère ? Il faudrait
retourner dans la cabine, glisser une pièce dans la fente pour obtenir
l’image vivante, la preuve tangible de cette force qui nous habitait.
Au lieu de ça, un rideau se lève, et c’est Léa qui apparaît. Léa et son
nouveau métier, rue Saint-Denis. Léa et ses bras troués. Il n’est pas
besoin d’aller très loin, parfois, pour être dans un autre monde."
Récit d'une grande amitié entre la narratrice et Léa, ce roman nous conte leurs vies entremêlées, depuis l'enfance. Léa subjugue la narratrice qui nous confie leur histoire, ou plutôt celle de Léa ... En effet, j'ai trouvé que, à vouloir raconter leur enfance, la narratrice ne parlait finalement que de son amie ... De Léa, on saura tout : son beau-père, ses animaux, ses petits amis, ... Mais de la narratrice, le minimum, qui s'accorde avec Léa et ses péripéties. Quel est exactement son métier ? D'un coup, au détour d'une phrase, elle évoque son enfant, mais qui est le père ? Révélatrice de la relation de fascination qui l'unit à Léa, Léa qui prend toute la place dans cette amitié, cette absence d'informations sur l'autre partie du fameux binôme m'a agacée.
Pourtant l'histoire accroche, l'écriture est belle ... Mais, en fermant le livre, j'ai pensé que tout cela était assez prévisible.







