28 juillet 2009
Campus, Curtis Sittenfeld
"Lorsqu'elle passe les grilles d'Ault, prestigieux pensionnat privé, Lee Fiora voit son rêve se réaliser.
A quatorze ans, elle a choisi de quitter son Indiana natal pour intégrer ce vivier de l'élite américaine, niché dans les collines verdoyantes du Massachusetts. Mais, très vite, Lee comprend que ce petit monde lisse et attrayant n'est pas accessible à tous. Et surtout pas à une jeune boursière issue de l'Amérique profonde... Dès son arrivée, l'adolescente se heurte à l'univers fermé des vieilles familles de la côte est, à ces jeunes gens qui respectent des codes sibyllins pour le non-initié.
A la fois intimidée et fascinée par ses camarades de classe, Lee devient vite une observatrice privilégiée de leurs rites et de leurs manies... Mêlant tambour battant les rapports compliqués avec les enseignants, les grandes amitiés féminines et une initiation amoureuse tumultueuse, les tribulations de Lee dépeignent avec drôlerie, justesse et férocité cette formidable tranche de vie que représente l'adolescence."
J'ai pas mal hésité avant d'acheter ce roman, j'avais peur de tomber sur un autre "Moi, Charlotte Simons" (Tom Wolfe), vulgaire et mal écrit. Et bien , j'ai eu une agréable surprise ! Ce gros roman se lit tout seul et, même s'il n'y a pas de grands événements, se révèle vite passionnant. J'ai toujours eu un faible pour les chroniques étudiantes, spécialement la vie de campus américain, les histoires de profs, d'amies, de garçons, pour ados ... J'avoue ! Ici, j'ai été servie : Lee est une héroine très attachante, un peu paumée, qui cherche sa place dans son nouveau monde. On croise toutes sortes de personnages assez typiques : le macho, l'intello, la pétasse, la gentille, l'étrangère, la riche, la pauvre, ... Lee s'entiche d'un garçon au nom débile (Cross ...) qui se révèle tout sauf intéressant et il est si flagrant qu'elle se fait avoir que c'est frustrant de suivre, tout au long de sa scolarité, son obsession pour ce type inintéressant. Le lecteur la voit grandir et évoluer, de son entrée au pensionnat jusqu'à la terminale, et ne la quitte qu'à regret ...
Campus est un livre parfait pour les vacance: du plaisir, de la légèreté, pas de prise de tête et, pour couronner le tout, un très bon style d'écriture.
23 juillet 2009
La dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil, Sébastien Japrisot
Dany Longo est secrétaire et s'ennuie dans sa vie. Un jour, son patron part en voyge et lui demande de ramener sa voiture. Sur un coup de tête, Dany garde la voiture et roule vers le Sud, vers la mer qu'elle n'a encore jamais vue. Dans une station service, elle est agressée et on lui casse la main. A partir de là tout dérape : Dany rencontre pur la première fois des gens qui affirment l'avoir vue le matin même et lui avoir déjà parlé. mais si, c'était elle, avec ses lunettes, son auto américaine et sa main bandée !
Dany sombre peu à peu dans une spirale de mystères qui l'entraînent vers la folie.
J'ai adoré ce roman, fascinant, très bien écrit, mystérieux et vertigineux. le lecteur est complètement perdu : Dany est-elle folle ? Ou quelqu'un d'autre se fait-il passer pour elle ? Dans quel but ? pourtant personne ne pouvait prévoir son coup de folie de garder la voiture de son patron et d'emprunter cet itinéraire ... Tous les personnages deviennent des suspects, jusqu'à l'héroine elle-même. Les révélations finales nous laissent pantois, admiratifs du talent de l'auteur. Un très bon livre, qui a un peu vieilli dans le style (il date de 1966) mais dont l'intrigue est palpitante.
Contes pour petites filles criminelles, Nadine Monfils
"Loin des jeux qui leur sont destinés, ces petites filles tournent le dos à leurs poupées et trouvent leur plaisir dans le meurtre.
Face à l'esprit d'initiative et à la candeur de ces treize lolitas criminelles, le Marquis de Sade nous semble subitement bien fade..."
Je n'ai pas du tout aimé ce petit recueil de nouvelles d'une centaine de pages, où chaque petite héroïne se révèle plus perverse, plus sadique que la précédente. Les histoires sont glauques et sanglantes, avec des détails révulsants.
Cela pourrait être fascinant, mais les nouvelles sont trop courtes pour ne pas "aller à l'essentiel" (comprenez "insister sur les détails sanglants").
C'est le premier livre que je lis de cet auteur, et ça ne me donne pas très envie de découvrir son oeuvre ...
08 juillet 2009
Quitter le monde, Douglas Kennedy
Le soir de son treizième anniversaire, lors d'une énième dispute entre ses parents, Jane Howard annonce qu'elle ne se mariera jamais et n'aura jamais d'enfants.
Mais sommes-nous maître de notre destinée ? Une quinzaine d'années plus tard, Jane est professeur à Boston et amoureuse de Theo, un homme brillant et excentrique qui lui donne une petite Emily. A sa grande surprise, Jane s'épanouit dans la maternité.
Mais la tragédie frappe et Jane, dévastée, n'a plus qu'une idée en tête : quitter le monde. Alors qu'elle a renoncé à la vie, c'est paradoxalement la disparition d'une jeune fille qui va lui donner la possibilité d'une rédemption.
Lancée dans une quête obsessionnelle, persuadée qu'elle est plus à même de résoudre cette affaire que la police, Jane va se retrouver face au plus cruel des choix : rester dans l'ombre ou mettre en lumière une effroyable vérité.
Mon avis
Ah, quel bonheur de lecture que ce livre !!! Il me faisait de l'oeil depuis sa sortie, son résumé, les premières pages, la couverture, tout me tentait. Et j'ai craqué. Je l'ai emporté et je ne l'ai plus lâché. Douglas Kennedy signe ici un magnifique roman, plein de rebondissements, où l'on ne s'ennuie pas une seconde, bien écrit en plus (et bien traduit).
Son héroïne, Jane, est si attachante qu'on a du mal à la quitter, qu'à la fin de ces quelques 500 pages, on en réclame encore. Bon, évidement c'est très personnel mais je raffole de ces histoires de campus américains, de "départements de littérature", d'écrivains, de cours et d'étudiants. Ce livre commence comme une chronique d'une éternelle étudiante, amoureuse de son prof, se poursuit dans sa vie d'adulte, confrontée à ses choix, ses débuts dans la vie active, ses rencontres amoureuses et enfin la maternité ...
Et puis le drame. Quelque chose de terriblement douloureux arrive à l'héroine et, ne pouvant surmonter ce choc, elle décide de "quitter le monde". Le road movie démarre : elle part en errance, découpe ses cartes de crédit, liquide tous ces biens, coupe les ponts avec son entourage, se retrouve à l'hôpital psychiatrique ... C'est effrayant de voir comme il est facile, finalement, de "quitter le monde".
Une autre partie du roman, la dernière, vire carrément au polar : une jeune fille disparue, Jane qui se prend de passion pour l'enquête (un moyen de se rattacher à la réalité et de combler sa perte), et un suspense génial et palpitant, qui m'a tenue en haleine jusque dans la nuit.
Quand j'ai reposé le livre, je n'avais qu'une envie : le conseiller à tout ceux qui veulent passer un EXCELLENT moment de lecture délassante !
03 juillet 2009
Un roman victorien d'aujourd'hui
Le livre des secrets , Michael Cox, Seuil, 2009
Paris.
1876, Esperanza Gorst, jeune orpheline de dix-neuf ans,
choyée par sa mère adoptive et par son précepteur, est chargée par ses
bienfaiteurs d'une étrange mission : se rendre en Angleterre dans la
grande demeure d'Evenwood pour y devenir la femme de chambre de la
baronne Emily Tansor et gagner sa confiance. Car en vérité, la tâche
d'Esperanza est de découvrir les secrets sombres et inquiétants que sa
nouvelle maîtresse dissimule.
des secrets qui puisent leur origine
dans une grave injustice commise vingt ans plus tôt et à laquelle les
propres intérêts d'Esperanza sont liés.
Bientôt, la baronne tombe sous
son charme et aspire à devenir son amie. Mais la jeune fille ne perd
pas de vue son plan et mène une enquête minutieuse dont elle consigne
les moindres détails, à l'intention de ses protecteurs bien-aimés, dans
son " Livre des secrets ".
Peu à peu, les dissimulations de Lady
Tansor sont révélées au grand jour tandis qu'Esperanza est prise dans
un réseau compliqué d'intrigues, de mensonges, de meurtres et de
trahisons. Les fils de l'intrigue sont si habilement noués que le
lecteur adorera ce " vingt ans après " sans avoir lu le premier volet "La Nuit de l'infamie".
Ce gros roman de près de 600 pages, m'a beaucoup plu, et tient toutes ses promesses, malgré quelques lenteurs et des intrigues parfois sans queues ni têtes. Ecrit de façon très classique, le style m'a tout de suite fait penser au roman victorien, un peu gothique, où le suspense que cachent les baronnes dans leurs sombres manoirs sont révélés sous une écriture classieuse et des dialogues polis. Ce livre prend son temps, mais une fois qu'on est dedans, il devient dur de s'en défaire jusqu'aux révélations finales ...
Une bonne lecture d'été pour les amateurs de saga familiale, de gothique et de suspense victorien !








