20 septembre 2009
Absence
Je pars en vacances ... avec plein de livres !
Ce blog est donc en pause ...
Retour prévu le 1er octobre !
A bientôt !
17 septembre 2009
Les heures souterraines, Delphine de Vigan
Mathilde, veuve depuis dix ans et mère de trois enfants, pointe chaque jour dans la grande entreprise où elle occupe un poste important. Un jour, pour un rien, ça dérape : son supérieur hiérarchique la prend en grippe et installe autour d'elle un climat de harcèlement moral de plus en plus violent. Mathilde résiste et se bat, mais elle est fatiguée, elle n'en peut plus, elle va tomber.
"Parce qu'elle y a passé des nuits entières, parce qu'elle y est revenue des centaines de fois, elle est capable aujourd'hui de nommer ce qui lui arrive. Elle est capable d'en identifier les différentes étapes, le début et l'aboutissement. Mais c'est trop tard. Il veut sa peau.".
Dans la même grande ville, Thibault est médecin d'urgences. Il se balade de quartiers en quartiers mais ses "urgences" ne sont souvent que des otites et des gens désespérément seuls qui ont besoin de parler. Il vient de quitter Lila, dont il est fou amoureux. Lila qui ne l'aime pas.
Ces deux âmes en peine sont réunies par la ville, assourdissante, polluée, et les tunnels du métro, où la bagarre pour une place est rude, où la proximité des gens devient insupportable quand on est trop malheureux. Chaque jour, ces "heures souterraines" tuent à petit feu l'espoir, la joie de vivre, le courage.
Mathilde et Thibault souffrent de la même douleur : solitude, fatigue, violence. Vont-ils se croiser ?
De ce livre, que j'ai dévoré en deux jours, émane une infinie tristesse et une infinie beauté. La descente aux enfers de Mathilde est effroyable. J'ai souvent pensé au "Stupeur et tremblements" d'Amélie Nothomb, l'humour en moins. Mathilde, comme Amélie, se retrouve affectée au niveau des toilettes de l'entreprise, se voit insultée, rétrogradée, les collègues se détournent, il n'y a pas de travail à effectuer. Le harcèlement moral est très bien décrit, tout comme le fait que cela peut partir d'un rien, et même venir de quelqu'un avec qui l'on s' entend bien depuis des années. Aux personnages de Mathilde et Thibault s'ajoutent ceux de la ville, étouffante, et de l'entreprise, un lieu d'abus de pouvoir, de lâcheté et de destruction.
"Il arrive un moment où le prix est devenu trop élevé. Dépasse les ressources. Où il faut sortir du jeu, accepter d'avoir perdu. Il arrive un moment où l'on ne peut pas se baisser plus bas".
Delphine de Vigan réussit un livre magnifique sur la souffrance morale, la solitude et le harcèlement. Son écriture est d'une rare beauté, coule tout seule et son livre se lit d'une traite. Le lecteur est pris aux tripes et se prend à espérer pour les deux héros.
La fin m'a néanmoins déçue : je l'ai trouvée abrupte et elle ne correspondait pas à mes attentes. Mais "Les heures souterraines" est néanmoins un grand livre, tout comme "No et moi" et "Un soir de décembre", du même auteur, chroniqués sur ce blog, un gros coup de coeur.
Merci à Clarabel, pour le prêt !
15 septembre 2009
Au bon roman, Laurence Cossé
A Paris, Ivan et Francesca ouvrent une librairie, pas comme les autres, une librairie où l'on ne trouve que des bons romans. Sélectionnés par un comité secret de huit écrivains, ces titres se moquent des nouveautés, des rentrées littéraires, des grands noms des ventes, des obligations en somme.
Et c'est un succès fou : tous les amoureux du roman se retrouvent "Au bon roman", la seule librairie où un achat n'est jamais risqué ...
Mais bientôt les menaces pleuvent, la polémique débute : est-ce une idée "totalitaire ? qui décide de ces bons romans" ? de quel droit ? qu'en est-il des titres et des auteurs qui ne sont pas représentés ? Cela signifie-t'il qu'ils ne valent rien ? Jalousies et rancoeurs ternissent le succès éclatant de la librairie, jusqu'au jour où trois auteurs du comités sont victimes de tentatives de meurtre ...
Divisé en trois parties, ce roman bien écrit tient un excellent sujet et se révèle palpitant. Il débute comme un roman policier, avec le récit des attentats perpétrés contre les écrivains et se poursuit avec le récit de Francesca et d'Ivan au policier chargé d'enquêter, sur l'histoire de la librairie Au Bon Roman. Librairie idéale, librairie rêvée par tout amateur de livre, belle, grande, tenue par des libraires qui ont tout lu et offrant un choix où l'on ne peut pas se tromper. Ce choix de livres est justifié par l'expérience des écrivains qui l'ont réalisé et donnent au lecteur une énorme liste de titres potentiellement des chefs-d'oeuvres, donc. J'avoue ne pas en avoir lu beaucoup parmis les livres cités, souvent des oeuvres méconnues, si l'on excepte les "classiques" du style Hugo, Balzac etc.
Quelques "mauvais romans" sont cités, quasiment tous des romans grand public (Houellebecq, Gavalda, ...), ce qui peut froisser certains amateurs ... Finalement, tout cela est assez subjectif ... Mais si l'on accepte d'entrée de jeu le principe, ce roman se révèle brillant, facile à lire, bien écrit et très intéressant. Le style est toutefois assez neutre, pour un sujet si passionné ...
Un peu longuet à certains moments, la première et la dernière partie ne permettent toutefois pas au lecteur de décrocher (je l'ai fini en pleine nuit ...). Au final, "Au bon roman" est-il lui-même un bon roman ? Oui, mais pas un grand roman à placer dans la librairie Au Bon Roman (si vous suivez toujours).
A noter, un superbe passage, hymne à la littérature, maintes fois repris depuis sur les blogs littéraires, dont je vous livre un extrait ici :
«Nous n'avons que
faire des livres insignifiants, des livres creux, des livres faits pour plaire.
Nous voulons des livres écrits pour nous qui doutons de tout, qui pleurons pour
un rien, qui sursautons au moindre bruit derrière nous.»
08 septembre 2009
Ecoute-moi, Margaret Mazzantini
Le narrateur, un chirurgien, est appelé en urgence : sa fille de 15 ans a eu un grave accident de scooter et est entre la vie et la mort. Bouleversé, il entame une confession à sa fille de sa vie intime, ses rapports avec la mère de la jeune fille et surtout son amour pour une autre, Italia.
Autant le dire tout de suite : je suis un peu déçue par ce roman. Je m'attendais à être bouleversée, émue et à me plonger dans l'intrigue avec passion .... Surtout que le style de l'auteur est superbe. Le roman se laisse lire sans ennui, mais ...
Mais j'ai détesté le narrateur ! Je l'ai trouvé antipathique, égoïste, indécis et faible.
Il fait souffrir tout le monde autour de lui, il est lâche, il ne sait pas se décider.
L'histoire d'amour censée être magnifique, je l'ai trouvée sordide.
Déception donc, pour ce roman .... Je n'ai pas grand-chose d'autre à en dire, je ne suis pas parvenue à être émue, j'ai même survolé quelques passages. L'ambiance était lourde et déprimante. Pas un sourire, sur tout le livre, juste du pathos dégoulinant. Les personnages ne sont pas attachants.
Je suis curieuse d'avoir d'autres avis ... avez-vous aimé ?
07 septembre 2009
Le dieu des animaux, Aryn Kyle
D'Alice Winston, une jeune fille de douze ans, qui habite dans le désert. Son père tient une écurie, sa soeur s'est enfuie avec un cow-boy, sa mère n'a pas quitté son lit depuis des années, abattue par une sourde mélancolie. Dans cet univers sec et aride, Alice aide son père à prendre soin des chevaux. Sheila Altman, de l'âge d'Alice, viendra prendre des cours d'équitation, s'insinuant dans la vie de famille. Alice n'a pas d'amis et entretient une curieuse relation téléphonique avec son prof d'anglais, à qui elle raconte n'importe quoi : sa mère est une femme d'affaires, son père est astronome, et sa meilleure amie s'est noyée. Polly a bien été retrouvée noyée dans le canal, mais Alice ne la connaissait pas plus que ça. Lentement, sous la chaleur torride, Alice grandit, au milieu des chevaux et de sa famile éclatée.
Qu'est-ce que j'en dis ?
Cela faisait un bail que j'avais envie de lire ce roman, attirée par les quelques billets glanés sur la blogosphère (chez Clarabel, par exemple). Et je n'ai pas été déçue ! Si l'univers des chevaux ne m'attire pas spécialement, ce roman contient de très belles pages à leur sujet : relation cavalier -monture, poulains et juments, show et dressage ...
"Y-a-t'il un dieu pour les animaux?", demande Alice à son prof.
« Je continuais à l’appeler, et lui, à répondre. Et même si, en y réfléchissant, je n’arrivais pas à penser que nous fassions quoi que ce soit de mal, une zone en mon for intérieur était toute sombre et crispée par la terreur. D’une façon que je ne pouvais nommer, nous ne respections pas les règles. Il y aurait un jour ou l’autre, un prix à payer. »
Chronique familiale (la mère dépressive, le père attiré par une autre, la soeur enfuie, les grands-parents nomades), ce livre est avant tout le récit d'une adolescente en devenir, ultra sensible, différente et à l'écart des autres, qui préfère se cacher dans une armoire pour téléphoner chaque soir à son prof que d'être assise à la table si enviée des pom-pom girls de l'école.
Solitaire, mythomane, peu sûre d'elle, Alice est un personnage extrêmement attachant. L'écriture de ce roman est superbe et magnifiquement traduite. Il y a quelque chose d'envoûtant dans ce livre, une voix singulière, un style qui nous lie au roman, page après page, inlassablement. Je m'attendais plus ou moins à ce que le récit prenne un tour un peu "thriller", avec la noyade, inexpliquée, de Polly. Il n'en est rien. Le sujet de ce beau roman n'est pas là. Il est dans les troubles de l'adolescence, la chaleur du désert et le souffle des chevaux; amis des hommes.
Une très belle découverte donc, pour ce premier roman.
05 septembre 2009
Des questions et des livres
Voici un petit questionnaire amusant qui circule sur Internet. Je l'ai vu chez mon amie Reka et, moi aussi, j'ai eu très envie d'y jouer ! Il faut répondre aux questions par le titre d'un livre ...
Décris-toi : "La Reine des lectrices", A. Bennett
Comment te sens-tu : "Comme au ciel", N. Williams
Décris là où tu vis actuellement : "Les charmes discrets de la vie conjugale", D. Kennedy
Si tu pouvais aller n’importe où, où irais-tu : "La Cité des livres qui rêvent", W. Moers
Ton moyen de transport préféré : "La porte de pierre", D. Gabaldon
Ton / ta meilleur(e) ami(e) est : "Le libraire", R. de Sa Moreira
Toi et tes amis, vous êtes : "Extrêmement fort et incroyablement près", J. S. Foer
Comment est le temps : "Le Temps n'est rien", A. Niffenegger
Ton moment préféré de la journée : "Clara et la pénombre", J.C. Somoza
Qu’est la vie pour toi : "L'histoire de l'amour", N. Krauss
Ta peur : "Quand tu es parti", M. O' Farrell
Quel est le meilleur conseil que tu as à donner : "Va où ton cœur te porte", S. Tamaro
Comment aimerais-tu mourir : "Musique et silence", R. Tremain
La condition actuelle de mon âme : A quand les bonnes nouvelles ?" , K. Atkinson











