abri

Marie, sans emploi, mariée, deux enfants en bas âge, s'ennuie ferme ou, plus exactement, sombre doucement dans la dépression. Son mari qui ne lui porte plus d'attentions, les journées vides, le sentiment d'être inutile ... Un jour, elle croise un groupe de réfugiés, des hommes qui ont tout perdu, qu'on expulse, qu'on tabasse, qu'on ignore, "à l'abri de rien". Marie, sans réfléchir, rejoint les bénévoles et passe une journée, puis deux à les aider. Peu à peu, elle se laisse entraîner dans cet acte au point de négliger sa famille, d'oublier ses enfants, elle s'investit dans son bénévolat comme si plus rien d'autre au monde ne comptait, au point de se mettre en danger et de risquer la prison.

J'ai lu ce roman d'une traite, absorbant l'écriture franche et directe d'Olivier Adam, qui décrit si bien une certaine réalité sinistre du quotidien, la nature humaine bien proprette et prompte aux préjugés de toutes sortes, et finalement la misère incroyable des réfugiés. On suit Marie dans sa descente aux enfers, abasourdis devant ce qu'elle voit, ce qu'elle vit, et d'un autre côté affolés par la dislocation de sa famille. C'est un roman fort, court et très bien écrit, avec des passages poignants. On se demande jusqu'où ira Marie, si elle se perdra elle-même.

Un très beau roman, de l'auteur du magnifique "Je vais bien ne t'en fais pas", critiqué sur ce même blog (la critique est par )