03 octobre 2009
Princess Bride, William Goldman
"Princess Bride", c'était d'abord pour moi un film, vu dans mon enfance.
Mais le livre est tellement mieux !
Je préviens que je risque de ne pas être très objective sur ce billet : j'ai trop aimé, que dis-je, adoré ce livre pour émettre la moindre critique.
Sous-titré "Le Grand Classique du Conte de Grand Amour et de Grande Aventure de S. Morgensten", le livre est "la version avec les bons morceaux, merveilleusement abrégée par William Goldman".
Goldman nous conte dans une introduction comment "Princess Bride" a changé sa vie de petit garçon, quand son père le lui a lu. Comment, en fait, le livre de Morgenstern est plutôt indigeste, avec beaucoup trop de descriptions, et qu'il a publié la version abrégée.
Sauf que rien de tout cela n'est vrai ! Morgenstern n'existe pas, Goldman a tout inventé ! Je trouve ça génial. Cela donne au roman un ton unique, une originalité incroyable !
Après l'introduction donc, commence "Princess Bride" : Bouton d'Or est la plus belle femme du monde. Westley est son valet de ferme. Il y a aussi un géant fou de rimes, Fezzik. Un ou deux méchants. Inigo Montoya, qui ne rêve que de retrouver (et tuer) l'homme qui a assassiné son père. Bouton d'Or se fait enlever. Westley disparaît.
Mais j'en ai trop dit ... C'est un conte d'aventure et d'amour, plein d'humour, d'ironie et de poésie, écrit d'une plume légère et captivante. L'introduction est savoureuse, le récit est palpitant, les personnages hyper attachants (mention spéciale à Fezzik et Inigo Montoya !). On ne s'ennuie pas une seule seconde dans cette histoire, "un récit de duels à l'épée, de bagarre, de torture, de poison, d'amour, de haine, de vengeance, de géants, de chasseurs, de méchants, de gentils, de serpents, d'araignées, de monstres, de poursuites, d'évasions, de mensonges, de vérités, de passion et de miracles".
Goldman interrompt parfois le récit de ses commentaires ... soi -disant comment il a coupé une longue desciption barbante et autres anecdotes inventées de toutes pièces ... Loin de faire perdre le fil au lecteur, ces interventions sont (encore une fois) savoureuses, drôles, et donnent l'impression au lecteur que l'auteur est à ses côtés, qu'à lui aussi on lit "Princess Bride", comme le père du petit William le lui a lu.
Amateurs d'aventures, foncez ! Cette lecture vous réjouira. Pour ma part, "Princess Bride" a d'ores et déjà pris sa place dans mes livres préférés.
17 septembre 2009
Les heures souterraines, Delphine de Vigan
Mathilde, veuve depuis dix ans et mère de trois enfants, pointe chaque jour dans la grande entreprise où elle occupe un poste important. Un jour, pour un rien, ça dérape : son supérieur hiérarchique la prend en grippe et installe autour d'elle un climat de harcèlement moral de plus en plus violent. Mathilde résiste et se bat, mais elle est fatiguée, elle n'en peut plus, elle va tomber.
"Parce qu'elle y a passé des nuits entières, parce qu'elle y est revenue des centaines de fois, elle est capable aujourd'hui de nommer ce qui lui arrive. Elle est capable d'en identifier les différentes étapes, le début et l'aboutissement. Mais c'est trop tard. Il veut sa peau.".
Dans la même grande ville, Thibault est médecin d'urgences. Il se balade de quartiers en quartiers mais ses "urgences" ne sont souvent que des otites et des gens désespérément seuls qui ont besoin de parler. Il vient de quitter Lila, dont il est fou amoureux. Lila qui ne l'aime pas.
Ces deux âmes en peine sont réunies par la ville, assourdissante, polluée, et les tunnels du métro, où la bagarre pour une place est rude, où la proximité des gens devient insupportable quand on est trop malheureux. Chaque jour, ces "heures souterraines" tuent à petit feu l'espoir, la joie de vivre, le courage.
Mathilde et Thibault souffrent de la même douleur : solitude, fatigue, violence. Vont-ils se croiser ?
De ce livre, que j'ai dévoré en deux jours, émane une infinie tristesse et une infinie beauté. La descente aux enfers de Mathilde est effroyable. J'ai souvent pensé au "Stupeur et tremblements" d'Amélie Nothomb, l'humour en moins. Mathilde, comme Amélie, se retrouve affectée au niveau des toilettes de l'entreprise, se voit insultée, rétrogradée, les collègues se détournent, il n'y a pas de travail à effectuer. Le harcèlement moral est très bien décrit, tout comme le fait que cela peut partir d'un rien, et même venir de quelqu'un avec qui l'on s' entend bien depuis des années. Aux personnages de Mathilde et Thibault s'ajoutent ceux de la ville, étouffante, et de l'entreprise, un lieu d'abus de pouvoir, de lâcheté et de destruction.
"Il arrive un moment où le prix est devenu trop élevé. Dépasse les ressources. Où il faut sortir du jeu, accepter d'avoir perdu. Il arrive un moment où l'on ne peut pas se baisser plus bas".
Delphine de Vigan réussit un livre magnifique sur la souffrance morale, la solitude et le harcèlement. Son écriture est d'une rare beauté, coule tout seule et son livre se lit d'une traite. Le lecteur est pris aux tripes et se prend à espérer pour les deux héros.
La fin m'a néanmoins déçue : je l'ai trouvée abrupte et elle ne correspondait pas à mes attentes. Mais "Les heures souterraines" est néanmoins un grand livre, tout comme "No et moi" et "Un soir de décembre", du même auteur, chroniqués sur ce blog, un gros coup de coeur.
Merci à Clarabel, pour le prêt !
08 juillet 2009
Quitter le monde, Douglas Kennedy
Le soir de son treizième anniversaire, lors d'une énième dispute entre ses parents, Jane Howard annonce qu'elle ne se mariera jamais et n'aura jamais d'enfants.
Mais sommes-nous maître de notre destinée ? Une quinzaine d'années plus tard, Jane est professeur à Boston et amoureuse de Theo, un homme brillant et excentrique qui lui donne une petite Emily. A sa grande surprise, Jane s'épanouit dans la maternité.
Mais la tragédie frappe et Jane, dévastée, n'a plus qu'une idée en tête : quitter le monde. Alors qu'elle a renoncé à la vie, c'est paradoxalement la disparition d'une jeune fille qui va lui donner la possibilité d'une rédemption.
Lancée dans une quête obsessionnelle, persuadée qu'elle est plus à même de résoudre cette affaire que la police, Jane va se retrouver face au plus cruel des choix : rester dans l'ombre ou mettre en lumière une effroyable vérité.
Mon avis
Ah, quel bonheur de lecture que ce livre !!! Il me faisait de l'oeil depuis sa sortie, son résumé, les premières pages, la couverture, tout me tentait. Et j'ai craqué. Je l'ai emporté et je ne l'ai plus lâché. Douglas Kennedy signe ici un magnifique roman, plein de rebondissements, où l'on ne s'ennuie pas une seconde, bien écrit en plus (et bien traduit).
Son héroïne, Jane, est si attachante qu'on a du mal à la quitter, qu'à la fin de ces quelques 500 pages, on en réclame encore. Bon, évidement c'est très personnel mais je raffole de ces histoires de campus américains, de "départements de littérature", d'écrivains, de cours et d'étudiants. Ce livre commence comme une chronique d'une éternelle étudiante, amoureuse de son prof, se poursuit dans sa vie d'adulte, confrontée à ses choix, ses débuts dans la vie active, ses rencontres amoureuses et enfin la maternité ...
Et puis le drame. Quelque chose de terriblement douloureux arrive à l'héroine et, ne pouvant surmonter ce choc, elle décide de "quitter le monde". Le road movie démarre : elle part en errance, découpe ses cartes de crédit, liquide tous ces biens, coupe les ponts avec son entourage, se retrouve à l'hôpital psychiatrique ... C'est effrayant de voir comme il est facile, finalement, de "quitter le monde".
Une autre partie du roman, la dernière, vire carrément au polar : une jeune fille disparue, Jane qui se prend de passion pour l'enquête (un moyen de se rattacher à la réalité et de combler sa perte), et un suspense génial et palpitant, qui m'a tenue en haleine jusque dans la nuit.
Quand j'ai reposé le livre, je n'avais qu'une envie : le conseiller à tout ceux qui veulent passer un EXCELLENT moment de lecture délassante !
16 juin 2009
Un petit bijou !!!
Ce qui était perdu, Catherine O'Flynn, Ed. Jacqueline Chambon 2009
1984. Kate Meaney est une petite fille hors du commun. Au lieu de
fréquenter des enfants de son âge, elle joue les apprenties détectives
avec sa peluche dans les rues de Birmingham et les allées de Green
Oaks, le tout nouveau centre commercial. Le reste du temps, elle
s'amuse avec Adrian, son seul ami - un jeune homme attachant qui
travaille dans un magasin du quartier -, à scruter les clients et
imaginer leurs troubles secrets. Jusqu'au jour où elle disparaît...
2003.
Depuis des années, Kurt, agent de sécurité, contemple les masses
somnambuliques venues tromper leur solitude dans l'immense piège de
verre du centre commercial. Une nuit, il aperçoit l'image furtive d'une
petite fille sur un écran de contrôle. Lisa, employée chez un
disquaire, trouve quant à elle une peluche dans un couloir de service.
Ensemble, ils se lancent à la recherche de la fillette. Dans les
entrailles labyrinthiques de Green Oaks, ils vont tenter de retrouver
ce qui était perdu : l'enfance, l'innocence, l'envie de vivre.
Gros, gros, très gros coup de coeur ! Je le sentais, je le savais, que ce serait bien, mais dès que je m'y suis plongée, j'ai eu ce sentiment, trop rare, d'être tombée sur un roman exceptionnel, un de ceux qui rendent les lectures suivantes fades et décevantes. Tout est parfait dans ce livre : l'histoire est palpitante, les personnages tous attachants et mystérieux, l'écriture est limpide et magnifique, le suspense insoutenable, ...
La voix de la petite Kate sonne si juste ! Quand vient la deuxième partie du livre, en 2003, elle nous manque, on la regrette, et on suit les nouveaux personnages en se demandant sans arrêt "et Kate ? que lui est-il arrivé ?". La fin est géniale ....
Tout au long du livre, j'ai pensé à Kate Atkinson, un de mes auteurs favoris : je lis tout d'elle, les yeux fermés. Ce roman m'y a fait penser : tant dans le thème (la disparition d'un enfant, thème repris chez Atkinsonà, que dans les personnages et la description de l'Angleterre consommatrice, sans oublier le mystère. A noter que chez Kate Atkinson, l'humour et le cynisme sont très présents. "Ce qui était perdu" est loin d'être drôle ....
C'est un roman brillant et très réussi, que je vous conseille ardement !
17 avril 2009
Un petit bijou d'humour
Sheila Levine est morte et vit à New-York, Gail Parent, Rivages, 2007
" Vu l'exposition démographique, vous en connaissez un, vous, de moyen
glus écolo que de s'éliminer soi même ? ". Née dans une famille juive
dont le mot d'ordre est :. " Trouve un mari à la Fac, après ce sera
plus dur ". Sheila Levine, toujours célibataire à 30 ans, décide que
la plaisanterie a assez duré et se lance dans l'organisation "de son
suicide. Après avoir cherché un époux, un appartement, du plaisir, de
la minceur, des fringues branchées et un job, mis toutes ses chances de
son côté en allant voir un psy et en faisant preuve d' un libéralisme
sexuel à toute épreuve, la voilà qui se met en quête d'une concession,
d'une pierre tombale et de la robe ad hoc"
J'ai énormément aimé ce roman hilarant, dans la veine des Bridget Jones et autres célibataires prêtes à tout pour arriver au mariage. Sheila a tout de la célibataire désespérée, complexée, poursuivie par sa mère juive qui a programmé son mariage depuis toujours ("« Tout ce que veut une mère
juive, c’est que ses fils évitent l’armée et que ses filles aient vite
la bague au doigt. Depuis le berceau, on nous serine : « Le plus beau
jour de ma vie sera celui où je danserai à ton mariage ! »").
Après avoir tout essayé pour se faire passer la bague au doigt, au bout du rouleau, Sheila décide d'en finir : elle programme son suicide et le roman est en fait sa lettre d'adieu, dans laquelle elle explique sa vie de célibataire. Les situations sont drôles, le ton est mordant et percutant. On ne s'ennuie pas une seconde dans ce roman écrit il y a 40 ans, et pourtant si actuel (les livres de la "Chik litt") n'arrivent pas à la cheville de ce petit bijou de drôlerie. Sheila est pathétique, banale, dépressive et désespérée. Je l'ai adorée !
Destin de femmes
Mille soleils splendides, Khaled Hosseini, Belfond, 2007
Sur fond de chaos et de violence dans un
Afghanistan déchiré par cinquante ans de conflits, l'histoire
bouleversante de deux femmes dont les destins s'entremêlent, un chant
d'amour poignant à une terre sacrifiée et à une ville : Kaboul.
Forcée
d'épouser un homme de trente ans son aîné, Mariam ne parvient pas à lui
donner un fils. Après dix-huit années de soumission à cet homme brutal,
elle doit endurer une nouvelle épreuve : l'arrivée sous son propre toit
de Laila, une petite voisine de quatorze ans.
Enceinte, Laila met au
monde une fille. D'abord rongée par la jalousie, Mariam va finir par
trouver une alliée en sa rivale. Toutes deux victimes de la violence et
de la misogynie de leur mari, elles vont unir leur courage pour tenter
de fuir l'Afghanistan. Mais parviendront-elles jamais à s'arracher à
cette terre afghane sacrifiée, et à leur ville, Kaboul, celle qui
dissimulait autrefois derrière ses murs " mille soleils
splendides "?
Un livre absolument magnifique, très prenant, extrêmement bien écrit. L'histoire de ces deux femmes passionne, horrifie et le lecteur ne peut plus lâcher le livre. deuxième livre de l'auteur, après le célèbre "Hirondelles de Kaboul", c'est cette fois-ci au destin de la femme afghane qu'il s'attache.
Une très grande lecture et un de ces romans, trop rares, à côté desquels les lectures suivantes paraissent bien fades ...
23 décembre 2008
Quelle merveille !
La Cité des livres qui rêvent, Walter Moers, Panama, 2006, 455p.
" Ici commence l'histoire.
Elle raconte comment je suis entré en
possession du Livre sanglant, comment j'ai atteint l'Orm. Cette
histoire n'est pas destinée aux lecteurs au cuir tendre et aux nerfs
fragiles - à qui je recommande d'emblée de reposer cet ouvrage. (. )
Oui, je parle d'un pays où la lecture peut rendre fou. Où les livres
risquent de blesser, d'empoisonner, et même de tuer. Seul celui qui est
prêt à accepter le risque de me lire, à mettre sa vie en jeu pour avoir
sa part de mon histoire, doit me suivre jusqu'au prochain paragraphe.
(. ). Mais ne perdons pas plus de temps et entamons notre périple. Car
il s'agit bien d'un voyage qui nous mènera à Bouquinbourg, la Cité des
livres qui rêvent. ".
Le récit fantastique, onirique et horrifique
d'Hildegunst Taillemythes, jeune dragon et poète qui bravera tous les
dangers des catacombes de Bouquinbourg, hantées par le Roi des ombres,
pour retrouver l'auteur du manuscrit " parfait ".
Ce livre m'a littéralement enchantée !!!
Bouquinbourg est la ville rêvée des amoureux de littérature et la description de la vie là-bas, entièrement organisée autour de la lecture, m'a fait complètement planer. L'histoire est palpitante et riche en rebondissements, les personnages sont très attachants (mention spéciale aux Rongelivres), et surtout le récit est parsemé de TROUVAILLES fabuleuses, délectables, hilarantes.
Et que dire de l'objet-livre en lui-même ! La couverture argentée "effet miroir", le papier de grande qualité, le sillustrations, ...
Et des trouvailles à chaque page ou presque, une fantaisie rafraîchissante, une invitation au rêve, à se laisser emporter dans ce monde dédié aux livres. Le roman est abondamment illustré de dessins en noir et blanc, tour à tour gothiques, drôles, mignons ou horribles. Feuilleter ce livre, tomber sur des illustrations de Rongelivres, de Bouquinbourg et ses catacombes, des Livres Sur Pattes, de Livres Qui Tuent ou de Livres qui Rêvent, c'est en tomber amoureux.
Ou alors, c'est que vous n'aimez pas passionnément la lecture.
26 novembre 2008
Un roman féminin très intéressant
Je ne sais pas comment elle fait , Allison Pearson, Plon
"'Avant même d'être assez grande pour comprendre ce qu'être une femme
voulait dire, j'avais déjà compris que le monde des femmes était divisé
en deux : il y avait les mères convenables, qui se sacrifiaient à la
pâtisserie des tartes aux pommes, vigilantes et impeccables prêtresses
de la machine à laver et de l'essoreuse, et il y avait les autres. A
l'âge de trente-cinq ans, je sais exactement à quel groupe
j'appartiens, et je suppose que c'est pourquoi, en ce petit matin du 13
décembre, je suis en train de frapper des tartelettes aux fruits
confits avec un rouleau à pâtisserie pour les faire ressembler à celles
que faisait ma mère. Avant, les femmes avaient le temps de faire des
tartelettes et étaient obligées de simuler leurs orgasmes. Aujourd'hui,
nous réussissons les orgasmes mais nous sommes obligées de simuler les
tartelettes. Et on appelle ça le progrès. "
Petit intermède avec un roman "facile", qui se lit d'une traite, que j'ai beaucoup apprécié, sur le thème très actuel de la difficulté pour une femme de concilier une brillante carrière, une vie de famille et un peu de temps pour elle, sans sombrer dans la folie, l'hystérie, la déprime ou l'épuisement (non, je n'exagère pas).
Kate, l'héroine, a un poste à responsabilité dans la finance, qui exige tout d'elle, 24H sur 24 , 7 jours sur 7, et l'envoie à l'autre bout du monde faire les yeux doux à un client en deux temps trois mouvements. Exaltante carrière, mais difficile à gérer quand on a aussi deux petits bouts et un mari, qui réclament de l'attention constante. Traité comme une sorte de "journal de Bridget Jones", le roman est trépidant, amusant, bien écrit mais surtout affolant. Bien sûr, toutes les mères n'ont pas CE job dans CETTE entreprise de cinglés, mais certaines réflexions sont interpellantes. Pour preuve, le livre s'est ouvert tout seul, à une page qui a sans doute fortement marqué les précédentes lectrices (je l'ai emprunté à la bibliothèque où je travaille), et qui traite du désarroi de Kate devant ce spectacle qu'elle trouve en rentrant épuisée chez elle : ses deux enfants faisant des câlins à leur nounou devant un dessin animé. Un moment de tendresse qui lui a été volé. Elle paye pour cela, pour qu'une autre donne et reçoive l'amour de ses enfants.
Il y a des passages dans ce livre où toute femme a envie de crier "oui ! c'est vrai !", même sans enfants, même sans carrière éreintante. Ce thème nous touche, il est aisé de se glisser dans la peau de Kate et de se poser les mêmes questions qu'elle. Un très bon roman pour passer un excellent moment de lecture : divertissant ET interpellant.
07 septembre 2008
Enfin le retour d'Atkinson !
A quand les bonnes nouvelles ? Kate Atkinson, Editions de Fallois, 2008
Aaaaah ! Des MOIS que j'attendais le nouveau Atkinson !
"Un écrivain, Howard Mason, vit avec sa femme et ses trois enfants à la
campagne. Alors qu’il est allé rejoindre sa maîtresse à Londres, sa
femme, le bébé, l’aînée de ses filles, huit ans, et le chien sont
massacrés par un parfait inconnu. Seule la petite Joanna, six ans,
parvient à échapper au carnage en se cachant dans un champ de blé. On
retrouve Jackson Brodie, le détective privé de La Souris bleue qui
avait involontairement repris du service dans Les Choses s’arrangent,
mais ça ne va pas mieux remarié à une conservatrice du British Museum,
et Louise Monroe, mariée à un chirurgien d’Édimbourg. Tous deux
semblent avoir trouvé un conjoint « bien sous tous rapports » mais sont
insatisfaits. On a l’impression d’une occasion manquée entre Jackson et
Louise. Jackson croit également être le père du fils de Julia, Nathan,
âgé de deux ans, et voudrait bien pouvoir le prouver. Il y a de
nombreuses intrigues, mais la principale concerne une généraliste, Dr
Hunter, pour qui Reggie Chase, orpheline de seize ans, fait du
baby-sitting. On découvre peu à peu que Joanna Hunter n’est autre que
la petite Joanna qui a échappé à l’horrible massacre de la première
partie et que l’assassin, qui a purgé sa peine, est sur le point de
sortir de prison. À partir de là, l’intrigue est menée de main de
maître et le lecteur se demande jusqu’à la dernière page si Jackson est
bien le père de Nathan, si Louise et lui vont enfin s’avouer leur amour
mais, dans un dénouement typique de Kate Atkinson, rien ne se passe
comme prévu."
J'ai recopié la présentation de l'éditeur car, comme dans chacun de ses romans, c'est très difficile de résumer l'intrigue ! Ceux qui ont lu "La souris bleue" et "Les choses s'arrangent mais ça ne va pas mieux" (critiqué sur ce blog), sauront de quoi je parle ! On a un plaisir fou à retrouver Jackson Brodie et Louise Monroe !
L'écriture est, comme toujours, jubilatoire, drôle, ironique, incisive, l'intrigue est passionnante, les personnages tous attachants, les mystères sont épais mais on est jamais perdus, certains que tout a une cohérence et qu'il suffit de se laisser entraîner ...
J'ai dévoré ce roman et je suis déjà impatiente de lire le prochain !
Une petite merveille
Tu n'es pas seul(e) à être seul(e), Stéphanie Janicot, Albin Michel, 2005.
En poche, collection "Le livre de poche"
Ce petit recueil de nouvelles est un véritable diamant !
"La solitude est partout, dans la promiscuité d'une loge de concierge,
dans le coeur d'une adolescence ingrate ou d'une jeune femme branchée,
dans l'exaspération d'un couple marié depuis trop longtemps, dans les
yeux d'un bébé qui attend sa mère... partout. Et l'Et l'on voudrait
nous faire croire que ces instruments (téléphone portable, télévision,
Internet...) destinés à nous relier au monde peuvent y changer quelque
chose. Mais c'est tout le contraire."
En 16 nouvelles, parfois très courtes, l'auteur explore le thème de la solitude à travers une galerie de personnage très variée (concierge, attachée de presse, vieille dame, petite fille, adolescent, ...). L'astuce étant que ces personnages vivent tous dans le même immeuble et ont donc des liens entre eux, ce qui permet de lire une nouvelle sur X et sa solitude puis de le retrouver dans une nouvelle concernant Y, sous un autre jour, ce qui est très intéressant car l'auteur glisse quelques petites révélations sur ses personnages au fil des nouvelles. L'écriture est merveilleuse, j'ai ri, j'ai été émue, j'ai eu envie de recopier certaines phrases, ...
J'ai dévoré ce petit livre, ralentissant ma lecture pour mieux la déguster, regrettant de voir arriver la dernière nouvelle ... Et, le livre une fois refermé, j'ai eu envie de le reprendre au début !
A mettre entre toutes les mains !!!









