24 décembre 2009
Seul le silence, R. J. Ellory
Une fois n'est pas coutume, j'avais envie de lire un bon thriller !
Je suis tombée sur cette quatrième de couverture : "Joseph a douze ans lorsqu’il découvre dans son village de Géorgie le
corps d’une fillette assassinée. Une des premières victimes d’une
longue série de crimes.
Des années plus tard, alors que l’affaire
semble enfin élucidée, Joseph s’installe à New York. Mais, de nouveau,
les meurtres d’enfants se multiplient…
Pour exorciser ses démons, Joseph part à la recherche de ce tueur qui le hante."
Un bon gros livre de près de 600 pages qui m'a tout de suite happée, d'abord par son histoire fascinante et puis par son écriture. Contrairement à bien des thrillers, les meurtres ne sont pas ici décrits à grande effusion de sang et de tripes à l'air. Non, c'est une ambiance de peur et de mystère, et les meurtres sont vus avec les yeux du petit garçon narrateur, qui se jure de protéger ces petites filles de son entourage qui disparaissent les unes après les autres. Ces crimes hanteront son enfance et le poursuivront toute sa vie. La recherche du tueur deviendra son but. Un jour, des années plus tard, c'est la propre fiancée de Joseph qui est retrouvée assassinée. Le tueur le suivrait-il ? Accusé du meurtre, Joseph passera des années en prison. A sa sortie, la chasse reprend ...
L'écriture de ce roman est magnifique (contrairement, me semble-t-il, à bien des thrillers ...). Des moments lyriques, une grande psychologie, il n'y a rien à jeter. Le suspense tient jusque dans les toutes dernières pages ... Un tout petit regret néanmoins : la révélation finale est un peu expédiée et aurait méritée d'être plus explorée, ce qui laisse une légère frustration au lecteur.
25 octobre 2009
Mathilda Savitch, Victor Lodato

Drôle de lecture que celle de ce roman ...
Mathilda est une ado en colère. Sa soeur Hélène est morte écrasée par un train et depuis rien ne va plus. La mère sombre dans l'alcoolisme, plus personne ne fait attention à Mathilda, et celle-ci déborde d'imagination (souvent tordue) quant aux circonstances du drame. Mathilda veut devenir cruelle : avec son chien, sa meilleure amie, mais surtout sa mère. Elle revêt les vêtements de sa soeur morte, pirate sa boîte mail, tout est bon pour se faire remarquer. Tout cela dans une atmosphère de terrorisme, d'attentat et de peur.
Ce roman est étrange. L'écriture varie entre réalité crue, poésie et irréel. Le lecteur se perd dans ce que Mathilda lui raconte : où est la vérité ? Qui ment ? Que veut cette jeune fille, que cherche-t'elle à provoquer ? Qui était vraiment Hélène ? Comment est-elle morte ?
Le livre ne répond pas à toutes ces questions mais brosse le portrait d'une Amérique trouble, perdue dans un climat de peur et de suspicion. Ce roman se lit facilement, mais une impression de malaise ne m'a pas quittée : j'avais envie que Mathilda cesse de se raconter des histoires et nous guide plus vers le réel, nous apporte des réponses.
C'est une critique confuse, mais elle est à l'image du livre ...
PS : je traverse en ce moment un petit désert littéraire. Beaucoup de livres débutés puis abandonnés, pas beaucoup d'envie ni de temps, et surtout du mal à trouver de bons romans ! Si quelqu'un a des suggestions, je suis preneuse (oui, je sais, j'ai toute une PAL qui m'attend, mais voilà, elle attendra un peu, j'ai envie d'autre chose).
10 octobre 2009
Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates, Mary Ann Shaffer et Annie Barrows
Juliet, une jeune femme pétillante, est écrivain à Londres au lendemain de la seconde guerre mondiale. Elle débute une correspondance avec plusieurs habitants de l'île de Guernesey, qui ont créé un cercle littéraire au nom farfelu, pendant la guerre, pour tromper les allemands. Juliet, en mal d'inspiration, se passionne pour les récits de l'Occupation à Guernesey, par ces insulaires qui lui racontent leur cercle littéraire, leurs lectures, leurs vies. Juliet se prend de passions pour ces amitiés épistolaires, délaisse sa vie à Londres et, bientôt, débarque à Guernesey...
Acheté un peu par hasard, ce livre m'a beaucoup plu ! Le format épistolaire rend le livre très vivant (tout comme le ton des lettres irrésistibles de Juliet). On se prend d'amitié pour ces personnages, tous attachants. Ce roman est un vrai hommage à la littérature, autant qu'un récit intéressant sur l'Occupation des îles Anglo-Normandes pendant la seconde guerre mondiale.
Personnages loufoques ou dramatiques (comme celui, superbe, d'Elisabeth), le roman porte aux nues des valeurs telles que l'amitié, l'entraide ou l'amour de la littérature.
Une belle découverte ...
07 septembre 2009
Le dieu des animaux, Aryn Kyle
D'Alice Winston, une jeune fille de douze ans, qui habite dans le désert. Son père tient une écurie, sa soeur s'est enfuie avec un cow-boy, sa mère n'a pas quitté son lit depuis des années, abattue par une sourde mélancolie. Dans cet univers sec et aride, Alice aide son père à prendre soin des chevaux. Sheila Altman, de l'âge d'Alice, viendra prendre des cours d'équitation, s'insinuant dans la vie de famille. Alice n'a pas d'amis et entretient une curieuse relation téléphonique avec son prof d'anglais, à qui elle raconte n'importe quoi : sa mère est une femme d'affaires, son père est astronome, et sa meilleure amie s'est noyée. Polly a bien été retrouvée noyée dans le canal, mais Alice ne la connaissait pas plus que ça. Lentement, sous la chaleur torride, Alice grandit, au milieu des chevaux et de sa famile éclatée.
Qu'est-ce que j'en dis ?
Cela faisait un bail que j'avais envie de lire ce roman, attirée par les quelques billets glanés sur la blogosphère (chez Clarabel, par exemple). Et je n'ai pas été déçue ! Si l'univers des chevaux ne m'attire pas spécialement, ce roman contient de très belles pages à leur sujet : relation cavalier -monture, poulains et juments, show et dressage ...
"Y-a-t'il un dieu pour les animaux?", demande Alice à son prof.
« Je continuais à l’appeler, et lui, à répondre. Et même si, en y réfléchissant, je n’arrivais pas à penser que nous fassions quoi que ce soit de mal, une zone en mon for intérieur était toute sombre et crispée par la terreur. D’une façon que je ne pouvais nommer, nous ne respections pas les règles. Il y aurait un jour ou l’autre, un prix à payer. »
Chronique familiale (la mère dépressive, le père attiré par une autre, la soeur enfuie, les grands-parents nomades), ce livre est avant tout le récit d'une adolescente en devenir, ultra sensible, différente et à l'écart des autres, qui préfère se cacher dans une armoire pour téléphoner chaque soir à son prof que d'être assise à la table si enviée des pom-pom girls de l'école.
Solitaire, mythomane, peu sûre d'elle, Alice est un personnage extrêmement attachant. L'écriture de ce roman est superbe et magnifiquement traduite. Il y a quelque chose d'envoûtant dans ce livre, une voix singulière, un style qui nous lie au roman, page après page, inlassablement. Je m'attendais plus ou moins à ce que le récit prenne un tour un peu "thriller", avec la noyade, inexpliquée, de Polly. Il n'en est rien. Le sujet de ce beau roman n'est pas là. Il est dans les troubles de l'adolescence, la chaleur du désert et le souffle des chevaux; amis des hommes.
Une très belle découverte donc, pour ce premier roman.
24 août 2009
La femme du Vème, Douglas Kennedy
D'un prof d'unif américain, Harry, qui fuit son pays pour cause de vie brisée : divorce, perte d'emploi, tout ça dû à une affaire sordide dont les médias américains font leurs choux gras.
Harry arrive alors à Paris, dans un hôtel minable, tenu par un employé exécrable. Il tombe malade et là c'est la descente aux enfers : on lui extorque son argent, il entre en relation avec des gens tous plus louches les uns que les autres, il est menacé de partout.
Il rencontre alors Margit, une mystérieuse femme fatale, avec qui il entame une liaison troublante, faite de mystère et de conditions rigides : Harry ne pourra la voir que deux fois par semaine, de 17H à 20H, sans faute. Autour de lui, les coincidences s'accumulent, les meurtres s'enchaînent.
Qu'est-ce que j'en dis ?
Après "Quitter le monde", son dernier roman encensé sur ce même blog, "La femme du Vème" m'a laissé un avis mitigé. L'écriture est bof-bof (ce n'est pas de la Grande Littérature, of course), l'histoire rocambolesque (ce qui peut être un atout, sauf quand ça part en sucette comme ici), bref une déception. Le Paris décrit est cauchemardesque : quartiers sordides, personnages laids, grossiers et détestables (la politesse n'est pas le fort des Parisiens, on dirait). Le pauvre héros se fait arnaquer, menacer de tous les côtés, alors qu'il est gentil-gentil. Sa condition de romancier artiste est rigolote. Franchement, le pauvre type qui fuit son pays, attaqué, harcelé et calomnié et qui se réfugie à Paris pour écrire un roman, c'est cliché, non ?
Bref, malgré tout, cela se laisse lire ... Juqu'à ce qu'on découvre la vérité à propos de cette fameuse "femme du Vème" et alors là ... La tentation est grande, chers lecteurs, de lever les yeux bien haut au ciel et de pester "mais qu'est-ce que c'est que ces conneries?!". Je n'en dirai pas plus. Sachez donc que ce roman se veut "noir" et mystérieux. Au final, ça se lit, c'est divertissant. Pas plus.
21 août 2009
Le Paradis perdu de Mercury, Brad Watson

Ce livre m'a été proposé et envoyé par Blog-O-Book, merci à eux !
De quoi ça parle ?
De la vie des habitants de Mercury, petite ville du Mississipi, où tout le monde se connaît.
Finus est amoureux de Birdie depuis l'enfance. Elle épouse Earl, un homme volage qui connaîtra une mort mystérieuse et précoce.
Finus épouse Avis, mais reste dans l'ombre de Birdie toute sa vie durant, jusqu'à la mort de celle-ci. Et puis, il y a Creasie, petite bonne noire de Birdie, et sa tante un peu sorcière. Sans oublier Parnell, l'embaumeur de Mercury, qui voit passer tant de choses mystérieuses et qui tente de cacher ses secrets ...
Le roman est une chronique de la vie de tous ces personnages, dont les vies se croisent pendant des décennies. C'est difficile à résumer et la construction narrative du roman est assez dispersée : on saute des années, on passe d'un tel à un autre, ...
Les thèmes sont très intéressants : amitié, amour sans espoir, rivalités, mariages ratés, secrets inavouables, une touche de magie, et l'atmosphère des romans "du Sud", où la question de la ségrégation raciale a toute son importance.
La première partie est magnifiquement écrite et superbement racontée. Mais après une centaine de pages, je me suis un peu ennuyée ... L'intrigue ne décolle pas vraiment et les histoires sont assez décousues. J'ai eu un peu de mal à le terminer, après l'avoir commencé avec enchantement.
14 août 2009
Perte et fracas, Jonathan Tropper

De quoi ça parle ?
A l'aube de la trentaine, Doug est déjà veuf. Sa femme Hailey s'est tuée dans un accident d'avion un an plus tôt. Depuis, Doug se terre chez lui, ne voit plus personne et passe son temps à jeter des cailloux sur les lapins qui inondent sa pelouse, entouré du fils de sa femme (ado rebelle), sa soeur jumelle excentrique, son père qui n'a plus toute sa tête et sa voisine nymphomane. Pour gagner sa vie, Doug écrit une chronique intitulée "Comment parler à un veuf" et se complait dans le désespoir et l'apitoiement. Mais ses proches pas comme les autres sont bien décidés à le faire revenir à la vie.
Pourquoi c'est bien ?
Parce que c'est drôle. Et bien écrit. Et truffé de scènes cocasses et hilarantes et que, malgré le sujet tristounet, ce roman a un ton mordant et que les situations s'enchaînent sans temps mort. L'auteur rempile à nouveau dans le genre trentenaires désespérés, drogués, désabusés. Les quelques passages de rélexion sur la perte d'un proches sont très beaux ...
Mais rien n'est glauque dans ce livre : c'est une comédie jubilatoire : j'ai ri tout haut à plusieurs reprises et c'est franchement bien écrit. Comme dans ses précédents romans (chroniqués ici-même, chers lecteurs), l'auteur fait mouche et nous fait passer un très agréable moment de lecture.
Pour qui ?
A conseiller à tous ceux qui ont envie d'un bon roman, drôle, sans fausse note ni ennui. Tout le monde, quoi.
28 juillet 2009
Campus, Curtis Sittenfeld
"Lorsqu'elle passe les grilles d'Ault, prestigieux pensionnat privé, Lee Fiora voit son rêve se réaliser.
A quatorze ans, elle a choisi de quitter son Indiana natal pour intégrer ce vivier de l'élite américaine, niché dans les collines verdoyantes du Massachusetts. Mais, très vite, Lee comprend que ce petit monde lisse et attrayant n'est pas accessible à tous. Et surtout pas à une jeune boursière issue de l'Amérique profonde... Dès son arrivée, l'adolescente se heurte à l'univers fermé des vieilles familles de la côte est, à ces jeunes gens qui respectent des codes sibyllins pour le non-initié.
A la fois intimidée et fascinée par ses camarades de classe, Lee devient vite une observatrice privilégiée de leurs rites et de leurs manies... Mêlant tambour battant les rapports compliqués avec les enseignants, les grandes amitiés féminines et une initiation amoureuse tumultueuse, les tribulations de Lee dépeignent avec drôlerie, justesse et férocité cette formidable tranche de vie que représente l'adolescence."
J'ai pas mal hésité avant d'acheter ce roman, j'avais peur de tomber sur un autre "Moi, Charlotte Simons" (Tom Wolfe), vulgaire et mal écrit. Et bien , j'ai eu une agréable surprise ! Ce gros roman se lit tout seul et, même s'il n'y a pas de grands événements, se révèle vite passionnant. J'ai toujours eu un faible pour les chroniques étudiantes, spécialement la vie de campus américain, les histoires de profs, d'amies, de garçons, pour ados ... J'avoue ! Ici, j'ai été servie : Lee est une héroine très attachante, un peu paumée, qui cherche sa place dans son nouveau monde. On croise toutes sortes de personnages assez typiques : le macho, l'intello, la pétasse, la gentille, l'étrangère, la riche, la pauvre, ... Lee s'entiche d'un garçon au nom débile (Cross ...) qui se révèle tout sauf intéressant et il est si flagrant qu'elle se fait avoir que c'est frustrant de suivre, tout au long de sa scolarité, son obsession pour ce type inintéressant. Le lecteur la voit grandir et évoluer, de son entrée au pensionnat jusqu'à la terminale, et ne la quitte qu'à regret ...
Campus est un livre parfait pour les vacance: du plaisir, de la légèreté, pas de prise de tête et, pour couronner le tout, un très bon style d'écriture.
02 juin 2009
Cavale et folie
Un été sans miel, Kathy Hepinstall, J'ai Lu, 2004
"Dans la chaleur de l'été texan, une tragédie menace.
Alice, enfant
précoce et intelligente, est persuadée que son beau-père ourdit un plan
terrible, dont l'issue finale serait sa mort ainsi que celle de son
frère Dany. Car Simon est un homme violent, au passé mystérieux. Mais
cela fait-il de lui un assassin ?
Alors qu'une fascinante meurtrière
parcourt la région, un climat de mort et de folie semble planer de plus
en plus lourdement autour des deux enfants.
Mais lorsque leur mère,
impuissante face à cette escalade de violence, les supplie de fuir, un
compte à rebours est enclenché. Celui de leur survie, celui d'une quête
de vérité et d'amour.
Ce roman au suspense psychologique haletant met
en scène la cavale effrénée de deux adolescents livrés à eux-mêmes,
terrassés par la vengeance et l'injustice."
J'ai beaucoup aimé ce roman, à l'atmosphère lourd de menaces, de non-dits, de secrets de famille. Le personnage de Persely Snow, la meurtrière en cavale, est fascinant et sert de fil rouge aux deux adolescents : ses évasions rythment le récit, elle se rapproche toujours plus d'eux ... On sent le drame, qui se noue petit à petit, prêt à éclater à chaque page de ce roman bien écrit, passionnant, qu'on lit d'une traite avec une surprise grandissante.
23 septembre 2008
Une prof pas très nette ...
La nouvelle amie, Emily Perkins, Plon, 2003
Poche : 10/18, collection Domaine étranger
En deux mots
Miranda, jeune femme au passé taché d'une faute à "expier" passe l'été dans un village endormi de la campagne. Elle propose aux ados désœuvrés des cours visant à se découvrir soi-même, favorisant l'introspection par des méthodes peu orthodoxes. Miranda va bouleverser la vie des habitants, à commencer par celles de trois amies, Julie, "Chicky" et Rachel, inséparables, influençables et en pleine crise identitaire.
L'extrait
"Je vais te dire ce que tu es en train de penser."
Miranda continuait à regarder la vitrine. (...)
Une bouffée de curiosité envahit Julia, comme un élan de désir.
"Quoi?" demanda-t-elle. Il y eut un silence. Elle aurait aimé être plus calme, plus pondérée.
"Tu es en train de te dire, reprit enfin Miranda, que tu ne veux pas devenir bossue et vieille dans ce trou perdu. Tu es en train de te dire que cette femme est idiote d'avoir passé sa vie ici, d'être devenue courbée comme ça. Tu as pitié d'elle et tu as peur d'elle. " Un autre silence. Oui, se dit Julia, Miranda devinait ce qu'elle pensait avant même qu'elle ne le sente. Miranda avait sans doute raison. Elle avait raison en tout, absolument en tout.
Mon avis
J'ai lu ce roman presque d'une traite, pourtant je ne l'ai pas particulièrement aimé. Je l'ai trouvé dérangeant. L'atmosphère est lourde, le drame n'attend qu'une étincelle pour éclater. Le personnage de Julia est attachant, celui de Miranda inquiétant. Les autres sont un peu typés : on a les ados défoncés, les pestes, les mères dépassées, le vieux cow-boy alcoolique, les commères ... La fin est ambiguë, je déteste ça !
Mais ce roman a un thème intéressant : celui du professeur modèle et idole d'un groupe d'ados qui se montre, finalement, trouble et pervers, ce qui nous change un peu du style "Le cercle des poètes disparus" et autres histoires finalement très consensuelles.
6/10










