Les feuilles volantes

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31 août 2009

Do not stand at my grave and weep, Mary Elizabeth Frye

Nature_146

Do not stand at my grave and weep,
I am not there, I do not sleep.
I am in a thousand winds that blow,
I am the softly falling snow.
I am the gentle showers of rain,
I am the fields of ripening grain.
I am in the morning hush,
I am in the graceful rush
Of beautiful birds in circling flight,
I am the starshine of the night.
I am in the flowers that bloom,
I am in a quiet room.
I am in the birds that sing,
I am in each lovely thing.
Do not stand at my grave and cry,
I am not there. I do not die.

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28 septembre 2008

Emily Dickinson

J’étais morte pour la Beauté – mais à peine                                     emilydickinson1
M’avait-on couchée dans la Tombe
Qu’un Autre – mort pour la Vérité
Etait déposé dans la Chambre d’à côté –

Tout bas il m’a demandé « Pourquoi es-tu morte ? »
« Pour la Beauté », ai-je répliqué
« Et moi – pour la Vérité – C’est Pareil –
Nous sommes frère et sœur », a-t-Il ajouté –

Alors, comme Parents qui se retrouvent la Nuit
Nous avons bavardé d’une Chambre à l’autre –
Puis la Mousse a gagné nos lèvres –
Et recouvert – nos noms –
                         

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03 août 2007

Mélancolie

Garden valley

This is really not my homeafter
Oh where are you my lovely Johnny?
I'm afraid and all alone
There is no peace for me
I'm sitting in the stranger's room
Playing at the stranger's table
Shining empty like the moon
There is no peace for me

Chorus:
But in the darkness struggle cold
I think about a garden valley
Gentle as the leaves unfold
Singing out across the bay
Distant and so far away
There is no peace for me

I'm blinded by your city lights
I wander through these fearful places
The colours fade to black and white
There is no peace for me
And these are not the friends I know
These are not their smiling faces
A desert that no-one should know
There is no peace for me

Now I know and feel it well
Poor immigrants deep sunken feeling
Standing at the gates of Hell
There is no peace for me
Burned out by their master's greed
Cruel exile transportation
Robbed of every love and need
There is no peace for me

Pour écouter : http://fr.youtube.com/watch?v=MF8mxuOu5WE

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20 juin 2007

A méditer ...

"Il faut vivre, l'azur au-dessus comme un glaiveNature_259
Prêt à trancher le fil qui nous retient debout
Il faut vivre partout, dans la boue et le rêve
En aimant à la fois et le rêve et la boue
Il faut se dépêcher d'adorer ce qui passe
Un film à la télé, un regard dans la cour                                                         
Un coeur fragile et nu sous une carapace
Une allure de fille éphémère qui court
Je veux la chair joyeuse et qui lit tous les livres
Du poète au polar, de la Bible à Vermot
M'endormir presque à jeun et me réveiller ivre
Avoir le premier geste et pas le dernier mot
Étouffer d'émotion, de désir, de musique
Écouter le silence où Mozart, chante encore
Avoir une mémoire hypocrite, amnésique
Réfractaire aux regrets, indulgente aux remords

Il faut vivre, il faut peindre avec ou sans palette
Et sculpter dans le marbre effrayant du destin
Les ailes mortes du Moulin de la Galette
La robe de mariée où s'endort la putain

Il faut voir Dieu descendre une ruelle morne
En sifflotant un air de rancune et d'espoir
Et le diable rêver, en aiguisant ses cornes
Que la lumière prend sa source dans le noir
Football, amour, alcool, gloire, frissons, tendresse
Je prends tout pêle-mêle et je suis bien partout
Au milieu des dockers dont l'amarre est l'adresse
Dans la fête tzigane et le rire bantou
On n'a jamais le temps, le temps nous a, il traîne
Comme un fleuve de plaine aux méandres moqueurs
Mais on y trouve un lit et des chants de sirènes
Et un songe accroché au pas du remorqueur
Jamais ce qui éteint, jamais ce qui dégoûte
Toujours, toujours, toujours, ce qui fait avancer
Il faut boire ses jours, un à un, goutte à goutte
Et ne trouver de l'or que pour le dépenser
Qu'on s'appelle Suzanne, Henri, Serge ou que sais-je
Quidam évanescent, anonyme, paumé
Il faut croire au soleil en adorant la neige
Et chercher le plus-que-parfait du verbe aimer

Il faut vivre d'amour, d'amitié, de défaites
Donner à perte d'âme, éclater de passion
Pour que l'on puisse écrire à la fin de la fête
Quelque chose a changé pendant que nous passions"

Serge Reggiani
IL FAUT VIVRE
(C. Lemesle - C. Piget)


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10 juin 2007

Bruges la morte

IMGP0499

Glissez,glissez sans heurt,mes cygnes,IMGP0431

Avec des lenteurs de béguines.

Ici rien ne nuit,ne s'agrège.

Les quais mêmes semblent de neige.

Dans l'ombre verdâtre des ruines,

La mort montre à nu ses racines.

On entend le  pas du silence

longer une muraille blanche,

Un pas qui sourdement  ricoche

Et jamais,jamais ne s'approche.

Pourtant,au loin,des cloches sonnent...

Mais il ne vient jamais personne.

Maurice Carême

Photos : Rethymna, avril 2007                                                                                       

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04 juin 2007

Humeur

Laisse passer nuage
Le nuage noir passer
Ce n'est rien
Même s'il revient au galop
Tôt ou tard
Ou tard ou tôt
La belle affaire

J'en ai vu de pires
Passer des nuages verglacés
Loin
Comme un peu de ton rimel
Sur ma peau qui me rappelle
Alors que je suis en vie
Un grand V
Le nuage est passé

Ce n'est rien
Même s'il revient au galop
Ou tard ou tôt
La belle affaire
La belle affaire

Benjamin Biolay

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31 mai 2007

A Ninon

Si je vous le disais pourtant, que je vous aime,
Qui sait, brune aux yeux bleus, ce que vous en diriez ?the_kiss
L'amour, vous le savez, cause une peine extrême ;
C'est un mal sans pitié que vous plaignez vous-même ;
Peut-être cependant que vous m'en puniriez.

Si je vous le disais, que six mois de silence
Cachent de longs tourments et des voeux insensés :
Ninon, vous êtes fine, et votre insouciance
Se plaît, comme une fée, à deviner d'avance ;
Vous me répondriez peut-être : Je le sais.

Si je vous le disais, qu'une douce folie
A fait de moi votre ombre, et m'attache à vos pas :
Un petit air de doute et de mélancolie,
Vous le savez, Ninon, vous rend bien plus jolie;
Peut-être diriez-vous que vous n'y croyez pas.

Si je vous le disais, que j'emporte dans l'âme
Jusques aux moindres mots de nos propos du soir :
Un regard offensé, vous le savez, madame,
Change deux yeux d'azur en deux éclairs de flamme ;
Vous me défendriez peut-être de vous voir.

Si je vous le disais, que chaque nuit je veille,
Que chaque jour je pleure et je prie à genoux ;
Ninon, quand vous riez, vous savez qu'une abeille
Prendrait pour une fleur votre bouche vermeille ;
Si je vous le disais, peut-être en ririez-vous.

Mais vous n'en saurez rien. Je viens, sans rien en dire,
M'asseoir sous votre lampe et causer avec vous ;
Votre voix, je l'entends ; votre air, je le respire ;
Et vous pouvez douter, deviner et sourire,
Vos yeux ne verront pas de quoi m'être moins doux.

Je récolte en secret des fleurs mystérieuses :
Le soir, derrière vous, j'écoute au piano
Chanter sur le clavier vos mains harmonieuses,
Et, dans les tourbillons de nos valses joyeuses,
Je vous sens, dans mes bras, plier comme un roseau.

La nuit, quand de si loin le monde nous sépare,
Quand je rentre chez moi pour tirer mes verrous,
De mille souvenirs en jaloux je m'empare ;
Et là, seul devant Dieu, plein d'une joie avare,
J'ouvre, comme un trésor, mon coeur tout plein de vous.

J'aime, et je sais répondre avec indifférence ;
J'aime, et rien ne le dit ; j'aime, et seul je le sais ;
Et mon secret m'est cher, et chère ma souffrance ;
Et j'ai fait le serment d'aimer sans espérance,
Mais non pas sans bonheur ; je vous vois, c'est assez.

Non, je n'étais pas né pour ce bonheur suprême,
De mourir dans vos bras et de vivre à vos pieds.
Tout me le prouve, hélas ! jusqu'à ma douleur même...
Si je vous le disais pourtant, que je vous aime,
Qui sait, brune aux yeux bleus, ce que vous en diriez ?

Alfred de Musset

Posté par Rethymna à 15:49 - Poèmes - Commentaires [1] - Permalien [#]



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