22 juin 2008
Roman à tiroir
La nuit de l'oracle, Paul Auster, Actes Sud, Coll. Le livre de poche , 2003, 280 p.
Sidney Orr, écrivain de Brooklyn, se remet doucement d'une longue maladie. Un jour, il entre dans une papeterie et achète un mystérieux carnet bleu, où il écrit le début d'une histoire fascinante. Les mots coulent, Sidney écrit, écrit, comme ça ne lui était plus arrivé depuis des mois, sans savoir où le mènera le carnet, ni que le réel lui réserve de dangereuses surprises.
Ce roman est excellent ! C'est mon premier de paul Auster, écrivain américain si connu et talentueux, et je suis très agréablement surprise. C'est un roman à tiroir : à l'histoire de Sidney, de sa vie, de son entourage, s'ajoute en parallèle l'intrigue qu'il écrit dans le carnet bleu, captivante.
L'écriture est limpide et la narration extrêmement bien maîtrisée. Malgré les différentes histoires qui s'imbriquent les unes dans les autres, le lecteur ne se perd jamais. Les dernières pages sont haletantes ...
Un seul regret : des mystères restent entiers et l'histoire contée dans le carnet est inachevée ... Une façon de laisser au lecteur le soin d'imaginer le reste ?
"Sois sage, ô ma douleur, et tiens-toi plus tranquille"
Tentation, Stephenie Meyer, Hachette, coll. Black Moon, 2006, 567p.
Comment parler de cette suite de "Fascination" sans rien dévoiler de l'intrigue ?
Edward n'est plus là. Bella est dévastée mais tente de continuer à vivre. Elle se rapproche de son ami Jacob qui semble lui aussi cacher un lourd secret ...
Je ne peux rien dire de plus ! Cette suite est toujours aussi agréable à lire, mais l'absence d'Edward se ressent à chaque page. Le charisme de ce personnage est tel que l'histoire sans lui paraît un peu plus fade et l'on ne cesse d'espérer avec Bella son retour !
Le début de l'intrigue est un peu lente, on vit au ralenti, comme Bella engourdie par sa douleur. Les choses se précipitent ensuite pour devenir vertigineuses à la fin du livre et le lecteur referme le livre en criant "donnez-moi le troisièèèèèèèèème !"
Je ne l'ai pas encore mais ça ne saurait tarder !
16 juin 2008
Bande annonce "Twilight" ("Fascination")
Lecture plaisir !
Fascination, Stephenie Meyer, Hachette, Coll. Black Moon, 2005, 525p.
Bella, 17 ans, débarque dans la ville grise de Forks pour vivre chez son père.
Au lycée, elle s'intègre peu à peu, et est intriguée par une famille de lycéens pâles, beaux, silencieux et à l'écart, les Cullen.
Un surtout l'attire de plus en plus : Edward, de qui elle se rapproche dangereusement. Qui est-il ? Pourquoi ces mystères qui l'entourent ?
Pour Bella, Edward n'est pas humain, il est plus que cela ...
Après avoir lu des dizaines de critiques dithyrambiques de cette trilogie devenue culte (l'adaptation cinématographique sort en décembre aux USA et la bande annonce est très alléchante) , je me suis laissée tenter par le premier volume et je ne le regrette pas ! C'est peu dire d'estimer que j'ai mis deux jours à le dévorer !
Le personnage d'Edward est fascinant à souhait, mystérieux, sexy et envoûtant ....
Je n'ai qu'une envie : lire la suite ! J'ai un billet de prévu sur le tome 2 "Tentation", mais le tome 3 devra attendre quelques jours ...
Un petit bémol : l'écriture de Meyer n'est pas ce qu'il y a de plus littéraire ... Néanmoins, la magie de l'histoire et des personnages l'emporte !
PS : la bande annonce se trouve au dessus !
27 avril 2008
Magnifique !
Quand tu es parti, Maggie O'Farrell, 10/18, 2000.
Alice est dans le coma, après un accident de voiture. Juste avant, elle avait vu quelque chose de terrible et s'était enfuie bouleversée. Sa famille et son entourage se presse autour d'elle, tandis qu'Alice se souvient de son passé : l'amour fou avec John, son enfance, son adolescence, ses relations tendues avec sa mère.
C'est un roman magnifique. Au début, j'étais déroutée par la construction du récit, fait de flash backs et de retours au présent, sans date, sans ordre, sans logique. Le lecteur passe de la chambre d'hôpital d'Alice, à son enfance en Ecosse, en passant par sa vie avec John. Bizarrement, le lecteur n'est jamais perdu, et c'est un tour de force. Ce tour de passe-passe donne du volume au récit, de la densité. Les personnages sont tour à tour explorés, tantôt jeunes, tantôt plus âgés. Ils sont très attachants, à commencer par Alice et John.
Sans vouloir dévoiler l'intrigue, il faut que j'avoue que j'ai fini le livre à 1h du matin, en larmes, ce qui m'arrive très rarement.
Ce roman est bouleversant, magnifique et très bien écrit et maîtrisé. Je le conseille à tous, pour passer un beau moment d'émotion.
Troublantes retrouvailles
Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil, Haruki Murakami, Belfond, 2002
Hajime a connu pour la première fois l'amour en
compagnie de la douce Shimamoto-San.
Séparés par la vie, il n'a
pourtant jamais oublié. Aujourd'hui, à l'aube de la quarantaine, Hajime
est devenu un homme ordinaire et s'est construit une vie agréable entre
sa famille et un métier qui lui plaît. Ce fragile équilibre
résistera-t-il à ses retrouvailles avec Shimamoto-San ?
Après "Kafka sur le rivage " et les "Chroniques d'un oiseau à ressort", voici mon troisième Murakami. Je l'ai lu presque d'une traite et j'ai à nouveau beaucoup aimé. Ce récit est moins étrange et empreint de fantastique que les deux autres. Il s'attache plus à faire ressentir le trouble d'un homme pour une femme de son passé et sa vie qui bascule. Le personnage de Shimamoto-San est très étrange et mystérieux. Une nouvelle fois, le lecteur n'a pas toutes ses réponses une fois le livre refermé. Mais cela n'enlève en rien la beauté du récit.
Je lirai encore Murakami, auteur très apprécié au Japon, prolifique et doué.
Adultère au square
Les enfants de choeur (Little children), Tom Perrotta , coll. Points, 2006
Sara, femme au foyer, s'ennuie dans une banlieue américaine, entre sa petite fille et son mari absent. Un jour, elle rencontre au square un "papa au foyer" et son fils. Ils deviennent amants.
Cette histoire est aussi une chronique d'un quartier américain aisé, où s'est installé un homme suspecté de pédophilie. La parano et le rejet s'installent.
Ce roman a été adapté au cinéma avec Kate Winslet dans le rôle de sara. Je n'ai pas vu le film et donc je ne peux rien en dire, mais le livre ne m'a pas beaucoup emballée. L'action est lente, les personnages ne sont pas très attachants et, au final, j'ai refermé le livre en pensant "à quoi bon ? qu'y avait-il d'intéressant dans cette histoire?".
Mon frère a beaucoup aimé le film et j'ai entendu dire qu'il était très librement inspir"é du livre, que l'histoire et les personnages avaient étés remaniés.
Mais là, je ne sais pas quoi vous dire de plus ... Ce livre ne m'a pas touchée du tout.
La tyrannie de la mode
Le diable s'habille en Prada, Lauren Weisberger, Pocket, 2004.
Voici donc le fameux livre qui a inspiré le film du même titre, avec Meryl Streep, et que j'ai beaucoup apprécié. Le livre est plus long, il contient beaucoup plus de détails et de petites intrigues passées sous silence dans le film, mais qui finalement sont toujours les mêmes : les caprices que Miranda, grande prêtresse de la mode et rédactrice en chef du prestigieux magazine Runway, inflige à la pauvre Andrea, son assistante personnelle.
Andrea veut être journaliste et sait que tenir un an auprès de Miranda lui ouvrira toutes les portes. Mais il faut tenir ... Les assistantes sont de véritables souffre-douleurs, exploitées, mal considérées, anorexiques, sans plus aucune vie personnelle, tout entières dévoués aux caprices inimaginables d'égoïsme de leur patronne. Un exemple ? Les jumelles de Miranda liraient bien le dernier Harry Potter ... Pas le dernier en librairie, bien sûr, mais celui qui n'est pas encore sorti ! A Andrea de se débrouiller pour l'avoir dans la journée !
Ce récit trépidant se lit très facilement, est une lecture délassante et agréable. Un peu répétitive, Andrea met du temps à retomber sur ses pattes, et sa succession d'"aventures" peut lasser. Mais, dans l'ensemble, c'est un roman très sympa.
L'auteur a été l'assistante personnelle d'Anna Wintour, rédac'chef de Vogue aux USA, tyrannique et adulée. Le personnage de Miranda semble calqué sur elle, même si l'auteur le nie ...
15 avril 2008
Intermède "détente" !
Alors voilà, j'ai un peu abandonné ce blog pour cause de surmenage dans mes études, période difficile, je cours partout. De plus, j'ai accidentellement effacé le post sur le tome 2 de Millénium, et je n'ai aucune envie de le ré écrire pour l'instant.
En fait, pour tout vous avouer, j'ai carrément mis en attente mes lectures plus ou moins sérieuses ...
Je me suis jetée avidement sur deux livres de filles, des livres de ce qu'on appelle la "Chick' litt'".
Honte à moi (ou pas, ça fait un bien fou !). Voici donc les mini critiques de ces joyeusetés.
Le journal de Bridget Jones, Helen Fielding
Pas besoin de vous raconter l'histoire ! Ce journal raconte les déboires de Bridget, trente ans, célibataire, gaffeuse, complexée. Je n'avais vu que le film (adoré !) et là je me suis plongée dans le livre. Passée la première exaspération quant au style (disparition récurrente des "Je"), j'ai ri, ri, ri. Et ça fait du bien ! J'ai constaté quelques différences avec le film, des personnages plus fouillés, des situations cocasses en plus. J'ai été attristée que Mark Darcy et Daniel ne se battent pas.
En fait, je l'ai lu en quelques jours, j'ai adoré, ça m'a remonté le moral et je le conseille comme anti dépresseur !
Confessions d'une accro au shopping, Sophie Kinsella
Votre job vous ennuie à mourir ? Vos amours laissent à désirer ? Rien
de tel qu’un peu de shopping pour se remonter le moral… C’est en tout
cas la devise de Becky Bloomwood, une jolie Londonienne de vingt-cinq
ans. Armée de ses cartes de crédit, la vie lui semble tout simplement
magique ! Chaussures, accessoires, maquillage ou fringues sublimes…
rien ne peut contenir sa fièvre acheteuse, pas même son effrayant
découvert. Un comble, pour une journaliste financière qui conseille ses
lecteurs en matière de budget ! Jusqu’au jour où, décidée à séduire
Luke Brandon, un jeune et brillant businessman, Becky s’efforce de
s’amender, un peu aidée, il est vrai, par son banquier, qui vient de
bloquer ses comptes… Mais pourra-t-elle résister longtemps au vertige
de l’achat et à l’appel vibrant des soldes ?
Alors là ... Moi-même étant une "relative" accro au shopping (sans carte de crédit), je ne pouvais qu'aimer.
Ce personnage est attachant et totalement névrosé, drogué, en manque ... Elle ne PEUT résister à une fringue soldée, même si elle n'en a pas réellement envie, tout ça car le mot SOLDE y est apposé et que ce serait "des économies ! un investissement !". Etant donné le job de journaliste financière, il y a quelques grosses invraisemblances, c'est tiré par les cheveux et bien sûr, tout s'arrange. mais, en tant que semi accro au shopping, c'est très drôle.
20 mars 2008
Mystère et boule de gomme

Les hommes qui n'aimaient pas les femmes
(Millénium tome 1) , Stieg Larsson, Actes Sud, 2006, 574 p.
J'ai reçu la trilogie Millénium pour mon anniversaire. Je la voulais depuis des mois et j'ai littéralement englouti le premier volume en quelques jours ...
Pourtant, je ne suis pas très "polar". Donc, quel est ce mystère qui m'a rendue accrochée à ce livre, happée par le récit ?
Les cinquante premières pages sont un peu longues : ça parle de scandales financiers et j'étais un peu perdue, n'y comprenant pas grand-chose. Mais au final, il faut bien une longue entrée en matière pour se familiariser avec les nombreux personnages.
L'histoire a vraiment démarré avec l'enquête sur la disparition de Harriet Vanger, disparue depuis près de 40 ans sur l'île de sa famille. Son vieil oncle reçoit mystérieusement chaque année par la poste une fleur séchée, pour lui rappeler cruellement que Harriet n'est plus là. Le vieil homme engage Mikael Blomkvist pour découvrir ce qui est arrivé à Harriet. Celui-ci, journaliste et directeur de la revue Millénium, sort tout juste du sandale financier dont je parle plus haut.
Il sera bientôt aidé par Lisbeth Salander, jeune fille paumée, asociale, placée sous tutelle, violente et perturbée, mais véritable génie de la recherche et de l'informatique.
Une fois que l'intrigue démarre, il est physiquement - je dis bien physiquement- impossible de lâcher ce livre.
Le style d'écriture n'a pourtant rien d'exceptionnel, sans être mauvais non plus.
Il y a une sorte d'envoûtement dans cette histoire, le lecteur, tout comme les deux "enquêteurs" ne sait plus où donner de la tête. Tout le monde est suspect. Harriet disparaît sur une île, évaporée.
Cela m'a un peu rappelé "Dix petits nègres" d'Agatha Christie.
J'ai lu la fin dans le train, la bouche ouverte et les yeux écarquillés.
J'avais sûrement l'air d'une droguée, traînant à la main LE livre à la mode, ne le lâchant pas des yeux, quittant un wagon pour un autre pour avoir plus de calme ...
En effet, ce livre a dû être réimprimé, il s'arrache partout, c'est une folie en librairie.
Et bien, cela vaut le coup. Vraiment.
(Hop, je m'attaque au deuxième tome ...)


